Home Energie Pénurie d’essence : moins de pétrole, plus d’idées !

Pénurie d’essence : moins de pétrole, plus d’idées !

Pénurie d’essence : moins de pétrole, plus d’idées !
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« Pas d’essence pour aller travailler ? Pas de problème, covoiturez ! « 

Et Karos, une start-up dévolue au covoiturage d’ajouter dans son message sur Twitter :  » Voici la carte des réserves d’essence disponibles chez @Karos_fr !  » en affichant non pas les stations-services mais les voisins tout prés de chez vous et qui ont du carburant.
Et si la pénurie prolongée dans certaines régions était une aubaine pour circuler autrement ? En transports en commun, à vélo, à pied, ou en auto-partage : malgré lui, le manque d’essence fait plus pour la promotion des transports alternatifs que n’importe quelle campagne de publicité. Il reste néanmoins à transformer l’essai.

Découvrir le covoiturage par obligation, y revenir par motivation

Dès les premiers jours de la crise, les entreprises et applications mobiles qui proposent des services de covoiturage ont vu leur fréquentation bondir de 30%. Pas encore une révolution, mais déjà une évolution : les réticents qui sont passés au covoiturage par obligation pourraient y revenir par motivation !
Car souvent, il faut une contrainte extérieure pour bousculer ses habitudes, surtout quand la voiture individuelle est vécue comme une seconde maison, un prolongement du bureau ou même un attribut de virilité. Mais quand nécessité fait loi, on trouve avantage (et pas seulement économique) à dénicher un conducteur près de chez soi.

L’enjeu, pour transformer cet frémissement né de la pénurie, serait que les entreprises et non plus seulement les particuliers, nouent des partenariats avec les sites de covoiturage. « Lorsque l’on dessert une entreprise, on arrive à faire en sorte que 80% des personnes inscrites trouvent un covoitureur pour aller travailler », explique ainsi le patron d’une start-up. Mais ce taux tombe à 40 % pour un usager isolé, car il est beaucoup plus aisé -et rassurant- de trouver un collègue qui habite dans un périmètre proche et qui va sur le même site que soi que de compter sur le hasard du voisinage. Avantage secondaire, mais non négligeable : le covoiturage impulsé par l’entreprise confère à ce mode de déplacement une légitimité professionnelle, loin de l’image d’un transport « pour étudiant fauché mais débrouillard ».

Une aubaine pour les constructeurs de voitures électriques

Une aubaine aussi pour les fabricants de voitures électriques qui ont modifié ces derniers jours leur campagne publicitaire, ciblant désormais les automobilistes en rade : « Cinq vraies places (pour ramener quatre automobilistes en panne d’essence) » ou « En France, on n’a plus de pétrole, mais on a des Zoé », affirme ainsi le fabricant Renault. Plus offensif, Nissan a choisi d’aller à la rencontre des automobilistes dans des files d’attente de stations-services. Le constructeur japonais leur propose de faire la queue à leur place, le temps d’essayer son modèle électrique ! Pour autant, il est trop tôt pour dire si les ventes de voitures électriques ont bondi, mais ces stratégies de communication servent à diffuser l’idée de mode de transports alternatifs.

Ça roule pour les cyclistes, et ils ne se privent pas pour le faire savoir

Quant aux cyclistes, ils tiennent leur vengeance et ne se privent pas pour narguer gentiment les automobilistes en panne d’essence sur les réseaux sociaux.. « La balade des gens heureux », assure l’un d’eux qui s’est filmé à vélo, à coté de conducteurs coincés à la station service. « Pour une fois qu’on a la route pour nous, se moque un autre, la toute puissance de la voiture a atteint sa limite. » Alors, oui, à l’heure où six des huit raffineries du pays sont toujours à l’arrêt ou au ralenti, la pénurie a du bon : elle questionne le sacro-saint modèle de la voiture individuelle, met en évidence notre dépendance aux carburants et incite à changer nos comportements -de gré ou de force.

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