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Les « oubliés » du Prix Nobel

Les « oubliés » du Prix Nobel
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Alors que le Prix Nobel de médecine vient d’être attribué à Robert G. Edwards, le « père » des bébés éprouvettes, le blog des générations futures a décidé de revenir sur ces scientifiques « de l’ombre » qui n’ont pas été récompensés par cette distinction honorifique.

Nous évoquions récemment l’injustice dont était victime Jean-Claude Chermann, mis à la porte de son laboratoire (lire l’article du blog). Mais la 1ère injustice qu’a vécu ce chercheur en virologie, co-découvreur du virus du VIH, est surtout celle d’avoir été « oublié » lors de l’attribution du Prix Nobel.

En effet, en 2008, alors que ses 2 collègues de laboratoire Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier ont obtenu le prix Nobel de médecine pour avoir découvert le virus du sida, Jean-Claude Chermann en a été privé, faisant les frais de la règle de 3 ; le prix Nobel ne pouvant être décerné à plus de trois chercheurs dans la même discipline.

La même année, l’italien Nicola Cabibbo, est également«oublié» du prix Nobel de physique décerné  à deux Japonais, Kobayashi et Maskawa, et à un Américain d’origine nippone, Yoichiro Nambu, pour la matrice CKM (qui rend compte du changement de certaines propriétés des quarks dans le modèle standard de la physique des particules)

Mais ce ne sont pas des cas isolés.

En effet, en 1944, Lise Meitner n’a pas été récompensée sur sa découverte de la fission nucléaire alors que son collaborateur Otto Hahn le fut.

La jeune thésarde Jocelyn Bell Burnell, qui a mis au jour le premier pulsar, s’est vu volé la vedette par son directeur de thèse Anthony Hewish en 1974, récompensé grâce à la célèbre mais fâcheuse règle de 3 (le prix était alors déjà décerné à deux personnes)

Le physicien Fred Hoyle, qui a longtemps effectué des travaux sur la formation des éléments chimiques constitutifs de la matière au cœur des étoiles, se voit évincé en 1983 par William Fowler, qui a exécuté les mêmes travaux. Mais c’est à ce dernier que revient le  Prix Nobel, sous l’incompréhension générale.

Enfin 1989, Dominique Stéhelin, chercheur français de l’Institut Pasteur de Lille, a été mis de côté alors que ses confrères américains Bishop et Varmus ont été récompensés pour leurs travaux menés sur l’origine des oncogènes (gênes associées aux pathologies cancéreuses qui semblaient offrir à l’époque de nombreuses perspectives thérapeutiques).

Et les mathématiciens ne sont, quant à eux, jamais nobellisés. En effet, ce domaine scientifique ne fait pas parti des travaux récompensés par le fameux prix créé à la demande d’Alfred Nobel, qui ne s’est jamais expliqué à ce sujet.

Les règles d’attribution du Prix Nobel restent donc parfois incompréhensibles et sont souvent contestées. Le cas du professeur Chermann met surtout en avant l’incohérence de la règle des 3. Il paraît à présent nécessaire de réévaluer ces règles, les découvertes étant désormais plus souvent l’objet d’un groupe d’une dizaine de scientifique que d’une personne.

Voir le reportage sur TerreTv : « C’est cadré : Jean-Claude Chermann et la lutte contre le sida« 

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