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Les enfants pauvres du football

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Par Vincent Girard

foot-solidaire« En France, 95 % des enfants (12 – 15 ans) recrutés par les centres de formation de football ne parviennent pas à devenir footballeur professionnels ». À contrario, « 45 % des joueurs qui signent leur premier contrat pro vivent chez leurs parents, à moins de 60 kilomètres du centre de formation » explique Patrick Wincke, Conseiller Technique National en charge des actions citoyennes et sociales à la Fédération Française de Football. Une formation précoce n’est donc pas un gage de sécurité pour l’avenir, contrairement à la proximité de la cellule familiale avec le club de foot qui accroît considérablement les chances d’un enfant.

C’est sur ce constat que l’association Culture Foot Solidaire qui lutte contre le trafic et l’exploitation des enfants dans le football, organisait le mardi 9 juin au siège de la Fédération Française de Football une table ronde sur le thème : « Football : la protection des mineurs étrangers – quelles solutions ? ». Objectif de l’association : informer et sensibiliser les jeunes footballeurs mais également les clubs. Premier concerné par le problème, le continent africain, qui voit chaque année des milliers de jeunes footballeurs tenter l’aventure en Europe sans garantie de réussite. Testés dans les grands clubs européens, rares sont ceux qui parviennent à signer un contrat professionnel avec l’un d’entre eux. C’est la loterie du football européen, qui laisse finalement nombre de jeunes sur le carreau. Rapidement confrontés à des problèmes financier, à des limites administratives (délais du séjour en Europe…) ou tout simplement à la honte d’un retour en Afrique après l’échec, ces derniers sont livrés à eux-mêmes sur le vieux continent. « Ce sont pour la plupart de jeunes mineurs qui se retrouvent sans papier, et finissent par être pris en charge illégalement » constate amèrement Jean-Pierre Escalettes, Président de la Fédération Française de Football.

Régulation en vue

foot-solidaire-3Pour faire face au problème, l’association Culture Foot Solidaire à crée un programme baptisé « Protect the Dream » (Protège le Rêve) qui a pour but l’accompagnement des jeunes étrangers dans les clubs européens. Mais si elle a déjà réussi à se faire entendre des instances comme la FIFA (Fédération International de Football) et l’UEFA (Fédération Européenne de Football), elle se limite à un rôle de prévention et d’accompagnement, du fait d’un budget restreint (deux millions d’euros annuel versé par les pouvoirs publics). Car pour éradiquer le problème, ce sont ces mêmes instances internationales du football qui devront faire l’effort de mieux encadrer cette « émigration sportive ». Présent lors de cette table ronde, le directeur des relations internationales de la FIFA, Jérôme Champagne a souligné deux des dispositions adoptées en mars dernier par se fédération. « On passera désormais d’un contrôle a posteriori à l’autorisation a priori pour tout transfert de joueur âgé de moins de 18 ans. Par ailleurs, les académies ou écoles de football devront obligatoirement être reconnues auprès de la Fifa, c’est-à-dire posséder une licence. »

Nigeria/Cote d Ivoire- 21.01.2008 - CANDes mesures saluées par Jean-Claude Mbvoumin, Président de Culture Foot Solidaire pour qui « il faut inverser la tendance en instaurant un code réglementé auquel les clubs se plieraient car la formation ne peut pas avoir comme but unique de faire gagner de l’argent. »

Enfin, Jérôme Champagne a également souligné la politique de la Fifa en matière de développement du football sur le continent noir. « Nous avons investit 70 millions de dollars en Afrique pour rénover les pelouses des stades. Même Mogadiscio, la capitale de la Somalie, en a reçu une nouvelle pour son stade alors que le pays subit actuellement une grave crise militaire. Nous avons aussi décidé d’amener pour la première la coupe du monde de football sur le sol africain, avec l’organisation de l’événement par l’Afrique du Sud en 2010. »

La France épargnée

foot-solidaire-2En France, le problème est évidemment moins préoccupant. Les jeunes footballeurs ne sont pas obligés de quitter le cocon familial pour intégrer un club de football professionnel. D’autre part, le cadre juridique français encadre idéalement cette pratique. Ainsi, les mineurs qui n’habitent pas chez leurs parents n’ont pas le droit à une licence de football. Enfin, depuis 2006, une enquête est diligentée pour tout contrat professionnel signé par un mineur avec un club de football professionnel. L’objectif est évidemment de maintenir le jeune aussi longtemps que possible dans son centre de formation pour développer sa maturité, et éviter de le confronter trop tôt à la concurrence féroce du football professionnel. Récemment, un cas de ce type s’est d’ailleurs présenté dans le club du Havre. « Un de nos meilleurs éléments dans notre centre de formation, capitaine de l’équipe de France des moins de 16 ans mais pas encore professionnel à été contacté par Manchester United en vue d’un éventuel transfert » explique Alain Belsoeur Directeur sportif du club normand. Difficile dès lors de jouer le rôle de briseur de rêve.

Pour en savoir plus :

Culture Foot Solidaire

Les actions sociales de la Fifa

Association Sport et Citoyenneté

Regardez le reportage de TerreTv sur le sponsoring durable

Commentaires

Cette règlementation n’est pas faite pour protéger les enfants d’afrique mais pour empecher leur reve de se réaliser…Ou est le mal si un jeune vient essayer d’intégrer un centre de formation et s’il échoue il rentre chez lui ?…