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Explosion sur un site nucléaire près de Marcoule dans le Gard

Explosion sur un site nucléaire près de Marcoule dans le Gard
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Un four a explosé dans un centre de traitement de déchets faiblement radioactifs, sur le site nucléaire de Marcoule, dans le Gard, lundi 12 septembre, vers midi, causant la mort d’une personne.

Le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) a précisé qu’il n’y avait « pas de rejets à l’extérieur pour l’instant ». Aucune mesure de confinement ou d’évacuation des salariés n’a été mise en place, car les blessés « n’ont pas été contaminés ». De plus, la personne décédée est « morte dans l’explosion » et non des suites d’éventuels rejets radioactifs, a confirmé le ministère de l’intérieur.

Le salarié grièvement blessé a été évacué d’urgence vers un hôpital de Montpellier. Les autres, légèrement blessés, ont été dirigés vers l’hôpital de Bagnols-sur-Cèze. La ministre de l’écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, doit se rendre sur place dans la journée.

L’explosion a eu lieu au Centre de traitement et de conditionnement des déchets de faible activité (Centraco) exploité par la société Socodei, filiale d’EDF, et installé sur la commune de Codolet. Ce site s’occupe du conditionnement des déchets de faible et de très faible activité – des résidus industriels dont l’activité moyenne avoisine 10 000 bécquerels par kilo.

La déflagration a touché un four électrique qui sert à diminuer le volume des déchets radioactifs avant de les conditionner. Le four procède par incinération pour les déchets textiles (gants, blouses ou encore masques) ou par fusion pour les métaux (fûts, vannes, pompes, outils en inox ou en acier).

Au moment de l’explosion, le four contenait 4 tonnes de métaux radioactifs de faible et très faible activité, soit 63 000 bécquerels. « C’est une activité radioactive très faible, incomparable avec celle d’un réacteur nucléaire », explique Thierry Charles, directeur de la sûreté à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

« Le four se trouve dans un local, lui-même contenu dans un bâtiment. Le local a été affecté, mais le bâtiment a gardé son intégrité. Il n’y a donc pas de rejets radioactifs à l’extérieur du bâtiment », poursuit Thierry Charles. Il s’agit d' »un accident industriel, pas un accident nucléaire », confirme EDF.

Les causes de l’explosion sont pour l’instant inconnues. Selon une source gouvernementale, « il semblerait y avoir eu une erreur humaine ». « Il peut aussi s’agir d’une fuite d’eau qui a réagi avec le métal en fusion, ou bien d’un déchet contenu dans le métal qui aurait provoqué une réaction », ajoute Thierry Charles.

Dans l’immédiat, l’objectif est de refroidir le four, qui s’est arrêté au moment de l’explosion, et de maintenir le conditionnement du bâtiment, selon l’IRSN. La Socodei a déclenché un plan d’urgence interne. L’IRSN a dépêché une équipe sur place.

Après l’accident nucléaire de Fukushima, en mars, des stress tests ont été décidés pour les cinquante-huit tranches du parc national français, mais aussi pour les usines de retraitement d’Areva et les laboratoires de recherche du CEA.

L’ASN doit rendre ses « premières conclusions » d’ici à la fin de 2011, et EDF, exploitant historique des réacteurs français, doit rendre ses rapports à l’ASN à la mi-septembre. L’explosion près du site nucléaire français survient six mois, presque jour pour jour, après l’accident de Fukushima.

Source : Le Monde.fr

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