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Le Tchernobyl d’Or est attribué à …

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L’info vous a peut-être échappée en plein week-end du 1er mai, mais sur l’échelle de la provocation politique, disons qu’elle vaut … 10 Tchernobyl et 5 Fukushima ! Cette semaine, alors que le monde commémorait le triste anniversaire des 30 ans de la catastrophe de Tchernobyl, l’ancien chef de l’Etat Nicolas Sarkozy a affirmé qu «’il n’y a aucune alternative crédible à l’énergie nucléaire», et que fermer la centrale de Fessenheim serait « une erreur historique »…

Une boulette politique ou une bombe atomique ?

Gonflé ? Inconscient ? Electoraliste ? Chacun jugera de cette claque à la marche du monde, piétinant en deux phrases et la transition énergétique et la commémoration d’une catastrophe mondiale.. Dans cet entretien au Journal du Dimanche, l’ancien Président déclare que la droite, si elle revient au pouvoir en 2017, abrogera l’objectif de réduire d’ici 2025 la part du nucléaire de 75 à 50 % dans la production d’électricité. Une décision prise selon lui parce qu’il n’y a pas d’alternative au nucléaire et qu’il faut « maintenir le parc actuel, et investir pour développer une nouvelle génération de centrales ». Pourquoi estime -t-il que les solutions alternatives ne sont pas viables ? Mystère, il n’en dit pas plus, son jugement est pour le moins expéditif…

On vous passe les accusations d’arrières pensées électorales, ce n’est pas notre combat, mais on souhaite néanmoins, dans ce modeste édito, rappeler que la technologie nucléaire, toute puissante en France, n’a pourtant toujours pas résolu la gestion des déchets nucléaires… Que va-t-on faire de ces poubelles radioactives ? Les bazarder dans les eaux internationales ? Les enfouir dans nos sous-sols comme on a parfois enfoui des pans entiers d’histoire peu glorieuse ? Et comme l’écrivait un confrère suisse cette semaine, comment dans un siècle nous souviendrons nous des endroits où nous avons enterré ces poubelles nucléaires ?
Mais la science atomique est chose curieuse : quand on espère une réaction en chaîne, on obtient parfois des enchaînements incontrôlables ! Au lendemain de cette tribune pro-nucléaire, deux informations sont tombées qui réactivent les doutes sur cette technologie. La première provient d’Israël où l’inspection par ultrasons de la centrale Dimona a révélé 1 537 microfissures dans l’enveloppe du réacteur. Une étude d’autant plus inquiétante qu’Israël n’a ni la capacité ni la volonté de mettre hors service le vieux réacteur, obligeamment fourni par la France dans les années 50. L’autre actualité est arrivée chez nos voisins allemands et aurait pu conduire à une nouvelle catastrophe. La centrale de Gundremmingen, située à 120 kilomètres au nord-ouest de Munich, a subi des assauts répétés de hackers. Ses systèmes informatiques ont été infectés par deux types de virus qui heureusement n’ont pas mis en péril les installations critiques des réacteurs. Mais, selon les informations du Point, dix-huit postes ont tout de même été exposés à ces malwares, capables de collecter des datas sensibles sur l’ensemble des réseaux connectés occidentaux ou de prendre le contrôle à distance d’un serveur. A ce stade, rien ne permet de relier ces attaques à d’éventuels actes terroristes. Mais a contrario, la vulnérabilité des centrales semble établie. Dans ces conditions, prêcher pour le tout-nucléaire dans un pays comme la France, dotée d’un parc vieillissant, d’un électricien exsangue (EDF) et d’une technologie EPR de plus en plus contestée nous apparait comme un contre-sens historique.
Sur Terre.tv cette semaine, vous trouverez nos reportages sur les énergies alternatives, fiables, viables et durables. On vous souhaite quand même une semaine dans une forme atomique !

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