Home Planète Prévention des risques Aspartame : le faux débat ?

Aspartame : le faux débat ?

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Par Vincent Girard

aspartame-aC’est un débat qui avait été relancé en 2007 par la fondation Ramazzini. Suite à une étude menée sur des rats, ce laboratoire italien mettait en évidence la carcinogénicité de l’aspartame chez les rats. Une petite bombe dans le milieu de l’agro-alimentaire, car l’aspartame est aujourd’hui présent dans un très grand nombre de produits.

On retrouve ainsi cet édulcorant puissant dans les boissons sucrées (Soda Light), desserts, produits amaigrissants, céréales, produits laitiers, bonbons, ou même dans les médicaments. Son pouvoir sucrant est ainsi 200 fois supérieur à celui du saccharose, le sucre normale de table, mais il est nettement moins calorique que ce dernier. Selon la législation européenne, l’aspartame est classé comme additif alimentaire. Il porte ainsi le numéro E-951, ce qui signifie que l’aspartame a subi des tests rigoureux ainsi qu’une évaluation de son innocuité par le Comité Scientifique pour les Aliments.

Or, la polémique sur les causes de l’aspartame dans le développement du cancer s’est retrouvée à nouveau relancé cette année lors d’un Congrès « Cancer et environnement » organisé fin avril à Aix-en-Provence. Le cancérologue Valérie Magnin mettait notamment en garde les enfants et les femmes enceintes sur la consommation de l’aspartame : « Un enfant qui n’est ni diabétique ni obèse, de même qu’une femme enceinte, devrait s’abstenir de consommer de l’aspartame« .

Du côté des autorités sanitaires publiques, l’étude du laboratoire italien a trouvé une réponse en début d’année avec la publication par l’EFSA (Autorité Européenne de Sécurité des aliments) en mars dernier d’un avis scientifique stipulant que « sur la base de toutes les preuves actuellement disponibles, y compris l’étude ERF publiée en 2007, il n’y a aucune indication que l’aspartame présente un risque en matière de génotoxicité ou carcinogénicité.«  L’AFFSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments), qui fait parti de l’EFSA, confirme également de son côté le caractère inoffensif de l’aspartame. Dans un rapport publié en 2007, l’agence confirmait que « la consommation d’aspartame chez l’homme, même dans des populations particulièrement exposées comme les enfants diabétiques, ne dépasse pas la dose journalière acceptable, notamment en France. En conclusion, l’Afssa estime que l’état actuel des données scientifiques ne permet pas d’établir une relation entre exposition à l’aspartame et tumeurs du cerveau chez l’homme ou l’animal. »

Pas de révision en vue

aspartame-a-1Ce message d’apaisement des autorités sanitaires est largement relayé par les fabricants d’aspartame, dont Ajinomoto, principal fabricant européen. L’entreprise indique que « l’aspartame est non seulement l’édulcorant le plus utilisé dans le monde, mais qu’il est également l’un des ingrédients les plus sérieusement testés des aliments que nous consommons (plus de 500 études, rapports et publications scientifiques ont été faites sur le sujet) .«  Ajinomoto cite ainsi les organisations officielles qui ont approuvé l’utilisation de l’aspartame dans les aliments et les boissons, dont les experts de l’Organisation mondiale de la santé, Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, le Comité scientifique de l’alimentation humaine de l’Union européenne ou encore la FDA des Etats-Unis.

Par conséquent, la dose journalière autorisée (DJA) de 40 mg/kg de poids corporel (soit un demi-kilo du sucre par jour !) ne devrait pas être révisée. L’EUFIC (le Conseil Européen de l’Information sur l’Alimentation) recommande simplement « aux personnes souffrant d’une maladie héréditaire rare connue sous le nom de phénylcétonurie de contrôler leur consommation de phénylalanine, quelle qu’en soit la source, y compris si elle est issue de l’aspartame« . Pour ce faire, l’étiquette figurant sur les produits édulcorés à base d’aspartame doit signaler qu’ils contiennent de la phénylalanine, ce qui permet au consommateur de faire son choix en connaissance de cause.

La polémique ne semble donc pas avoir fait longs feux. Mais attention car les braises sont encore chaudes. Et une nouvelle étude, même indépendante, mettant à mal les conclusions des instances sanitaires françaises et européennes pourraient rapidement les rallumer, et embraser à nouveau la polémique aspartame…

Comment est fabriqué l’aspartame ?
aspartame-a-3On fabrique l’aspartame en assemblant deux acides aminés (composants des protéines), l’acide aspartique et la phénylalanine, à une petite quantité de méthanol. Ces deux acides aminés se trouvent à l’état naturel dans tous les aliments contenant des protéines, y compris la viande, les céréales et les produits laitiers. Le méthanol se trouve pour sa part à l’état naturel dans le corps et dans de nombreux aliments comme le jus des fruits et des légumes. L’aspartame se digère comme n’importe quel autre acide aminé.

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