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Régime crétois : plus qu’une diète, un mode de vie en sursis ?

Régime crétois : plus qu’une diète, un mode de vie en sursis ?
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En 2013, l’Unesco a inscrit la diète méditerranéenne au Patrimoine immatériel de l’Humanité. Pas seulement le célèbre « régime crétois » à base de légumes frais, huile d’olive, poissons et vin rouge, mais bien l’ensemble des savoirs et traditions concernant les cultures, les récoltes, la cueillette, la pêche, l’élevage, la conservation, la transformation, la cuisson et, tout particulièrement, la façon de partager la table et de consommer les aliments. « Manger ensemble constitue le fondement de l’identité et de la continuité culturelles des communautés du bassin méditerranéen. » souligne l’Unesco dans sa décision, indiquant qu’il s’agit d’un moment d’échanges donc de tolérance, et de transmission des savoirs entre générations.

L’institution met également en avant les techniques agricoles régionales, le respect des rythmes saisonniers, la préservation de la biodiversité, et jusqu’au mode d’approvisionnement traditionnel que sont les marchés, circuits courts par excellence et moment de rencontres.

Bref, on n’a rien inventé ! Bien avant l’agriculture bio, les AMAP, les cures de vitamines et les huiles Oméga, nos ancêtres appliquaient intuitivement un modèle d’agriculture, d’élevage et de pêche durable et une alimentation plus frugale et plus saine. Sans grande théorie, ils savaient empiriquement que ce qui est bon pour la Nature est bon pour nous.

Patrimoine de l’Humanité ou avis de décès ?

Mais peut-on aujourd’hui encore pratiquer cette diète méditerranéenne, à l’heure où les hypermarchés ont remplacé les marchés de producteurs, à l’heure où, dans notre caddie, on peine à trouver autre chose que du poisson d’élevage nourri aux farines animales, à l’heure où vos tomates ont mûri hors-sol et ont parcouru 2000 kilomètres sous vide pour arriver dans votre assiette ?

La décision de l’Unesco était bonne, mais comme souvent tardive : on inscrit dans ces listes internationales trop de chefs-d’oeuvre en péril, d’espèces menacées et d’arts de vivre en voie de disparition. Le Patrimoine mondial ne doit pas servir d’avis de décès et c’est en partie notre responsabilité de consommateur de réclamer et de faire vivre ce modèle.

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