Home Institutionnel Developpement durable Voltalis/EDF : casse-tête autour des économies d’énergie

Voltalis/EDF : casse-tête autour des économies d’énergie

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Par Constance Marty

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La décision a fait polémique : il y a une semaine, le CRE décidait que Voltalis devrait « indemniser » EDF pour les économies réalisées par les clients grâce à un boîtier que la société a mis au point, commandant à distance l’allumage et l’extinction de certains appareils électriques aux heures de pointe. De l’ordre de 5 à 10%, l’économie réalisée est une aubaine pour les consommateurs, d’autant que cette polémique intervient quelques jours après qu’EDF a annoncé une possible hausse des tarifs de 20% sur trois ans.

Selon un communiqué de presse diffusé par Pierre Bivas, PDG de Voltalis, la « taxe » imposée en faveur d’EDF par le CRE représenterait 70 à 80% des revenus de Voltalis et mettrait l’entreprise en péril. Les Verts et les associations écologistes ont aussitôt crié au scandale en dénonçant une « taxation des économies d’électricité réalisées par les consommateurs ». Faux, rétorque la CRE, qui a affirmé à l’AFP soutenir les initiatives comme celles de Voltalis. Elle récuse le mot « taxe » et explique qu’il s‘agit simplement d’un nouveau système de rémunération.

Pour comprendre, il faut savoir que l’électricité ne se stocke pas et fonctionne comme un flux. Par exemple : EDF prévoit que tel client consommera 50 MW à tel moment. Si Voltalis coupe certains appareils et permet d’économiser 10 MW, la société se rémunère en revendant ces 10MW au gestionnaire de réseau RTE, chargé d’équilibrer l’offre et la demande. Problème : ni le client, ni Voltalis, n’auront payé pour ces 10MW de surcharge qu’EDF aura néanmoins produit et qui auront été redistribués sur le réseau.

Équilibrer les intérêts de chacun

Philipe de Ladoucette, président de la CRE, a accordé une longue interview à L’Expansion.com, dans laquelle il tente d’expliquer le problème, essentiellement d’ordre technique, administratif et juridique, plus que politique ou idéologique. « Il ne s’agit d’ailleurs pas de transiger entre deux parties mais bien de construire un modèle économique viable et équilibré entre les fournisseurs, « effaceurs » et transporteurs d’énergie (…) C’est une question d’équité. Car si l’idée de l’ « effaceur » est ingénieuse, il apparaît tout de même que les producteurs sont obligés de produire cette électricité pour assurer l’équilibre du système électrique. C’est d’ailleurs grâce à cette production permanente que le business de Voltalis peut fonctionner. Il fallait donc équilibrer les intérêts de chacun. »

En attendant que la situation s’éclaircisse et que la loi évolue, plusieurs pistes ont été évoquées : la CRE souhaite que les acteurs négocient, suggérant la mise en place d’un « dispositif public de soutien en faveur des effacements diffus ». Ergelis, un concurrent de Voltalis qui comprend la décision du CRE, défend un système de bonus-malus. La RTE, quant à elle, précise qu’il « ne faut pas confondre effacement et maîtrise de la demande », et reste encore sceptique sur le service proposé par des sociétés comme Voltalis. Côté gouvernement, Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie et de l’Energie, a lancé un groupe de travail sur la maîtrise de la consommation de pointe d’électricité, promettant des conclusions avant la fin de l’année. Affaire à suivre, donc…

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