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Interview de J-Y CASGHA, fondateur du Festival 24heures sur la Terre

Interview de J-Y CASGHA, fondateur du Festival 24heures sur la Terre
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Les 12 et 13 Octobre 2012 aura lieu la deuxième édition du Festival « 24 heures sur la Terre », à Marseille, et qui sera retransmis en direct sur www.terre.tv. Le fondateur de l’événement, Jean-Yves CASGHA, nous parle de ce projet de grande ampleur, et qui donne la parole à ceux qui, aux quatre coins de la planète, veulent changer le monde.


Comment l’idée du Festival 24H sur la Terre a t-elle émergée ? A l’origine, quelles étaient vos motivations ?

Le Festival avait 26 ans, il devenait une « messe », un rendez-vous annuel incontournable qui disait la « bonne parole environnementale ». Sauf que la culture du Festival c’est d’être en avance sur tout : les OGM, c’est un débat que nous avons lancé en 1994, déjà au siècle dernier. Pareil pour le sang contaminé, la mémoire de l’eau… Nous avons toujours été le lieu où naissaient les débats des grands enjeux de société. Il fallait donc nous renouveler, « réinventer le futur ». Et comme dans le même temps, nous avions inventé le concept de « Télévision locale itinérante » et obtenu 17 fois du CSA l’autorisation d’émettre sur le territoire, tout en suivant de près l’émergence d’une nouvelle technologie qui s’appelait Internet, nous avons procédé en deux temps. Tout d’abord, ce fut la création de www.Terre.Tv, la première télé sur le net – pas un site avec des images, non, une vraie télévision! -. Ensuite, nous avons décidé de réunir toutes nos forces dans un seul événement : le Festival 24 heures sur la Terre. Nous savions faire un festival classique, avec des tables rondes, des conférences, mais aussi terriblement émetteur de CO2, et nous maîtrisions également la technologie pour réaliser le premier Planéthon, le téléthon de la Terre. De ce fait, l’an dernier, en réunissant tous nos savoir-faire, nous avons décidé de donner pendant 24 heures la parole à tous ceux qui, sur la planète bleue, essaient de changer le monde : 24 heures sur la Terre était né !
 Combien de temps vous a t-il fallu pour monter ce projet ? Quelles difficultés se sont présentées à ce moment ?


Oh là ! Plus d’un an. Mais les difficultés ont surtout été techniques. Un direct sur Internet, tout le monde sait faire… Un direct en multiplex avec une règle d’or « il est toujours midi quelque part sur la Terre », et avec à chaque fois au bout de la caméra quelqu’un d’intelligent qui participe à changer le monde, c’était un peu plus complexe. Aujourd’hui nous savons pourquoi personne ne l’avait fait… Mais nous recommençons parce que c’était la bonne idée : plus de 550 000 personnes ont partagé notre aventure!
 Quels changements seront apportés cette année par rapport à l’édition 2011 du Festival ?


Le confort pour ceux qui participent et le confort pour ceux qui regardent. Plus d’images aussi, étonnantes, surprenantes… Parce que la télé, pour nous, c’est un moyen de communiquer, pas seulement d’imposer des Secret Story, des mariages d’agriculteurs ou je ne sais quoi. Nous on ne vend pas du « temps de cerveau disponible », on le respecte et on lui propose de choisir. L’intelligence, étymologiquement, c’est « l’aptitude à choisir »… Bienvenue!

Pouvez-vous nous donner quelques chiffres ? La composition et la taille de l’équipe qui vous entoure ? Le nombre d’invités et de personnes attendues lors de l’événement ?

Plus de 550 000 visionnages, 7000 personnes sur place, une trentaine de personnes à la logistique, plus de 120 invités partout sur la planète et bien entendu à Marseille à la BMVR (l’ex Alcazar!) où est installé le plateau central. Ça, ce sont les chiffres de l’an dernier. Cette année, on espère faire encore mieux, notamment grâce à 20 Minutes, Science et Avenir et Facebook qui relaieront nos images!

Le Festival s’inscrit-il dans la lignée des politiques traditionnelles de développement, ou cherchez-vous à faire émerger des idées novatrices ?

Ah, ça, le traditionnel on le laisse aux technocrates et aux politiques : c’est le bon moyen d’aller droit dans le mur ! Quand vous voyez que pour la Fête de la Science, dans laquelle notre événement est inscrit, l’idée nouvelle qui émerge est de faire un « Speed Dating » avec les chercheurs… eh bien enfermés à Paris à côté des Halles alors qu’il s’agit d’un événement national, vous pouvez légitimement vous demander à quoi servent vos impôts ! Les idées novatrices ? Elles sont la moelle de notre action depuis 28 ans. Sauf qu’on prend la peine de travailler et d’aller les chercher là où elles sont. Et curieusement, c’est systématiquement très loin des ministères… En fait, la véritable anomalie, c’est que nous ne soyons pas un service public!

La thématique du développement reste vague et mal définie pour la plupart des personnes. L’un des objectifs du Festival est-il de rendre ce concept plus accessible ?
Certes. Vague et mal définie, c’est exact. Mais uniquement pour ceux qui ne prennent pas la peine d’aller chercher l’information. Elle est disponible, partout, tout le temps. Mais si vous attendez que les médias traditionnels vous donnent les clés, c’est perdu d’avance ! Depuis 28 ans, le Festival est un espace de liberté dans lequel les faiseurs de monde ont quartier libre: questionnez ceux qui viennent chaque année, c’est là que le monde change! Et oui, notre volonté est de rendre l’information plus accessible: en se rendant physiquement au Festival où l’on rencontre les chercheurs, ou en regardant sur Terre.tv le direct ou les rediffusions  en continu pendant l’année, sur Terre.tv toujours. Tous les enregistrements sont accessibles, gratuitement, 24h sur 24. En fait c’est tout ce que le service public est incapable de faire, réalisé par une poignée de passionnés qui n’ont ni sièges, ni frais quelconques à l’Assemblée. Et pendant ce temps-là, la Terre tourne et se réchauffe…

Des projets pour le Festival 24H sur la Terre 2013 ?

2013? C’est comme si vous me parliez du siècle prochain. Tout s’accélère, cet été le Groenland a fondu comme jamais, le Niger en pleine sécheresse est ravagé par des inondations incroyables, mais à Paris on se demande ce qu’on va bien pouvoir faire des Verts….Quand le Sage désigne la Lune, seul l’imbécile regarde le doigt….Oui, pour 2013, des projets plein la tête, mais je ne sais pas combien nous serons encore à regarder la Lune…

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